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Etude de cas


Le périmètre irrigué des Doukkala

Le sort de la ville portuaire d'El Jadida et la plaine agricole des Doukkala a toujours été intimement lié. Ptolémée parle en effet déjà au 2ème siècle après J.-C. du port de Rusibis, ce qui signifierait probablement le "chemin des fermes ou de la campagne". La ville actuelle, fondée par les portugais vers 1506 et reconstruite par le Sultan Moulay Abderrahman en 1832, est trés rapidement devenue un port commercial de première importance grâce aux produits agricoles de la région de Doukkala.
Aujourd'hui, la région des Doukkala - avec une densité de population très élevée - participe pour 27 % dans la production nationale de sucre, 13 % dans la production laitière et la production de viande bovine, et 11 % de la production céréalière. Elle assure 38 % de l'exportation des primeurs. L'irrigation joue un rôle crucial dans la production agricole de la région, et notamment pour la production de sucre, de lait, de viande et de maraîchage. A présent, 96 000 ha sont aménagés (ou en cours d'aménagement) en grande hydraulique (aspersion, gravitaire), grâce au complexe hydraulique du bassin de l'oued Oum er-Rbia (barrages de Al Massira, Ben El Ouidane, El Hansali, Hassan 1er, Moulay Youssef, Imfout). Par ailleurs,
3 800 ha sont irrigués par pompage privé dans la zone côtière.
La région a connu plusieurs années de sécheresses au cours des 20 dernières années et les besoins en eau des agriculteurs sont rarement satisfaits. Durant plusieurs années, des restrictions dans la distribution de l'eau ont durement affectées les campagnes agricoles, notamment pour les cultures d'été. La structure foncière est caractérisée par un schéma très morcelé, comme le montre la monographie de l'Ormvad : 74 % des exploitations sont d'une taille inférieure à 2 ha, ce qui pose un certain nombre de problèmes pour les jeunes agriculteurs souhaitant s'installer en tant qu'exploitant. Un grand nombre d'organisations professionnelles agricoles représentent les intérêts des adhérents agriculteurs et éleveurs pour faire face aux difficultés rencontrées dans la production et la commercialisation agricole. Ainsi, la zone d'action de l'Ormvad compte 132 coopératives laitières regroupant environ 24 300 producteurs laitiers.
Pour en savoir plus : www.rusibis.com , monographie de l'Ormvad (2003)

Etude de cas

Contribuer au dialogue entre acteurs de l'eau et favoriser la prise en compte de la complexité de la gestion de la demande en eau dans les politiques sectorielles sont les deux objectifs assignés aux études de cas du projet Wademed. L'hypothèse est en effet qu'en partant d'une problématique concrète dans un périmètre irrigué, il est possible de concevoir une approche multi-disciplinaire et participative avec les acteurs de l'eau pour améliorer la gestion de la demande en eau. La première étude de cas s'est déroulée dans le périmètre irrigué des Doukkala au Maroc sur " la modernisation collective et participative de l'agriculture familiale en grande hydraulique ". L'objectif étant d'aboutir à un " pré-cahier " des charges pour une telle modernisation pour 2 sites retenus : une unité tertiaire de 72 ha à côté de Sidi Bennour en irrigation gravitaire et une antenne d'irrigation par aspersion de 80 ha près de Zemamra.
L'étude de cas a démarré en octobre 2003 avec la définition d'un plan d'action avec les acteurs. Ce plan d'action était inspiré des expériences d'animation en matière de conception participative de projet de l'Union des Asa (Union d'Associations Syndicales Autorisées pour l'Aménagement Agricole et Rural) du département du Lot (France) et a été croisé avec des expériences marocaines en matière d'aménagement de l'irrigation. Les principes de l'approche lotoise sont les suivants :

L'ensemble de ce processus se fait en 3 phases qui peuvent aboutir ou non à un projet d'installation ou d'amélioration d'irrigation (à court, moyen ou long terme) :
1. Identification: des idées des porteurs de projet au pré-cahier des charges ;
2. Conception : de l'Avant Projet Sommaire (APS) à la confirmation de l'engagement des agriculteurs
3. Réalisation et remise des ouvrages
Le plan d'action ainsi défini devrait aboutir à un " pré cahier des charges " à l'occasion des journées de l'étude de cas en avril 2004 et concernait donc surtout la phase 1.
La démarche et les résultats obtenus lors de l'étude de cas ont été présenté et débattu les 22 et 23 avril 2004 dans le périmètre des Doukkala. Les présentations ont pris des formes différentes : présentations orales par l'Ormvad et les institutions du projet, visite de terrain organisé par l'Ormvad en association avec les agriculteurs, projection de produits vidéo donnant la parole aux agriculteurs. Ces présentations ont été d'abord débattues en plénière avec des prises de parole par l'ensemble des acteurs, à commencer par le directeur de l'Ormvad insistant sur les nouvelles relations de travail entre les acteurs de l'eau. Ensuite, 4 ateliers thématiques ont réuni entre 15 et 20 participants chacun pour approfondir les fondements d'une approche participative de modernisation collective de l'irrigation :

Ces ateliers ont permis d'aboutir à :

  1. la formulation d'un certain nombres de conditions de départ pour une telle approche,
  2. une proposition de méthode,
  3. la formulation d'un certain nombres de problèmes compromettant une telle démarche, et
  4. des conclusions sur le pré-cahier des charges des cas concrets de modernisation collective de l'irrigation.

Pour en savoir plus :
R. Roussiès et al. Conception participative d'un projet collectif d'irrigation : méthode et animation de l'Union d'Asa du Lot. Actes du séminaire Wademed sur la modernisation de l'agriculture irriguée.
Rapport étude de cas Wademed sur " la modernisation collective et participative de l'agriculture familiale en grande hydraulique ".

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